Gestion de la dette – Gatien Meunier

Posté le 5 juillet 2019

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Nous prenons acte de ce rapport mais néanmoins nous formulerons quelques observations.

Sur le plan de la gestion de la dette, 2018 a été un exercice exceptionnel à plusieurs titres.

Exceptionnel par l’ampleur du désendettement opéré, qui a permis de réduire l’encours de notre dette pour la 2e année consécutive.

Mais cette année 2018 a été également exceptionnelle par l’ampleur des crédits pour ce désendettement. Près de 84 M€. Un montant alimenté par la hausse de notre autofinancement, mais également par la mobilisation d’une part plus importante de nos crédits d’investissement au bénéfice du remboursement de la dette. La part d’investissement consacrée à la dette a ainsi atteint un nouveau record, à 34%.

Cet arbitrage se fait, forcément, au détriment des dépenses d’équipement, qui ont poursuivi leur chute en 2018.

Nous sommes là au cœur d’une question délicate, celle de l’arbitrage entre le désendettement ou les dépenses d’équipement. Ces dépenses d’investissement utiles ont à nouveau baissé de 10% en 2018, et la part consacrée à l’équipement des territoires atteint un niveau historiquement bas, à peine 66 % des crédits d’investissement.

La plupart des Départements a fait des choix différents, puisque, d’après le rapport de la Cour des Comptes qui vient de sortir sur les finances publiques locales en 2018, les Départements de plus de 500 000 habitants ont augmenté de plus de 7 % leurs dépenses d’équipement.

Le désendettement permet d’assainir notre budget, certes, mais n’oublions pas que notre mission est d’abord de prendre en charge les dépenses utiles au territoire.

Lorsque nous finançons des équipements, des infrastructures, lorsque nous aidons les communes à investir, nous participons à la création de richesse sur notre territoire départemental, améliorant ainsi à la fois le quotidien des habitants, le dynamisme économique et nos recettes, notamment fiscales.

La dette est un outil pour y parvenir, et doit être utilisée à cette fin. Cet outil a un coût, mais nous devons prendre en compte plusieurs éléments :

  • Tout d’abord, les besoins sur le terrain sont importants et parfois urgents
  • Les conditions d’emprunt sont exceptionnellement avantageuses, avec des taux qui demeurent particulièrement bas
  • Notre collectivité est désormais dans une situation de faible endettement, qui n’est pas une fin en soi et dont elle doit profiter

Nos territoires ont besoin de l’appui du Département pour investir. Cet outil de solidarité territoriale doit être réactivé et ciblé vers les territoires les plus fragiles et les plus ruraux, dont le sentiment d’abandon s’est exprimé au cours de ces derniers mois.

Je vous remercie

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